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	<title>Coll&#232;ge de g&#233;opo&#233;tique</title>
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		<title>Laurent Margantin | &#201;ditorial </title>
		<link>https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/article/laurent-margantin-editorial</link>
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		<dc:date>2025-12-29T11:55:02Z</dc:date>
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		<dc:creator>LM</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Revue g&#233;opo&#233;tique num&#233;ro 2, automne 2025&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/" rel="directory"&gt;Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/logo/20250623_110325.jpg?1767006270' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un texte publi&#233; quelques mois avant sa mort, texte intitul&#233; &#171; Nouvelles du Grand Rivages, &#201;l&#233;ments de g&#233;opo&#233;tique &#187; , Kenneth White fait le point sur la situation de ceux qu'il appelle, avec Nietzsche, les &#171; isol&#233;s &#187;. Tout au long des &#226;ges, ceux-ci ont v&#233;cu hors de l'&#201;glise, loin des cours et de la soci&#233;t&#233;, des entreprises industrielles et des nations. Aujourd'hui, la plupart d'entre eux vivent en dehors des universit&#233;s, devenues des &#171; usines &#224; dipl&#244;mes &#187; o&#249; l'on a renonc&#233; &#224; toute v&#233;ritable ambition intellectuelle. La figure de l'isol&#233;, pour White, c'est celle du nomade intellectuel : il a certes fr&#233;quent&#233; les universit&#233;s, mais il s'en est &#233;loign&#233;, et chemine librement &#224; travers les cultures de tous les pays &#8211; en reprenant les &#233;l&#233;ments les plus int&#233;ressants &#8211; &#224; la recherche d'un monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au seuil de ce deuxi&#232;me num&#233;ro de la Revue g&#233;opo&#233;tique internationale, je pense &#224; ces mots d'Andr&#233; Breton, inventeur du surr&#233;alisme, qui r&#233;sonnent singuli&#232;rement avec ceux du fondateur de la g&#233;opo&#233;tique : &#171; L'esprit se charge en milieu isol&#233;. &#187; En milieu isol&#233; : loin de la litt&#233;rature industrielle, mais surtout dans des lieux en marge, souvent loin des villes et de la foule. Le lieu de Breton, lors des derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, se trouvait &#224; Saint-Cirq-Lapopie, au bord du Lot qu'il aimait arpenter pour y admirer les pierres fa&#231;onn&#233;es par les eaux de la rivi&#232;re. Pour Kenneth White venu vivre en France, on sait que ce fut d'abord Pau dans les Pyr&#233;n&#233;es, puis la c&#244;te bretonne o&#249; il installa son Atelier atlantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses ultimes &#171; Nouvelles du Grand Rivage &#187;, White d&#233;friche le terrain, examinant les r&#233;centes tentatives de l'Universit&#233; pour ouvrir un peu l'esprit au monde. Il &#233;voque la litt&#233;rature compar&#233;e (ce fut ma premi&#232;re piste), le creative writing, et l'&#233;cologisme, mais rien de tout cela ne le satisfait, chacune de ces activit&#233;s ne permettant pas une projection vers un champ extr&#234;me laiss&#233; en blanc sur la carte o&#249; se produirait &#171; la plus haute synth&#232;se de la g&#233;ographie, de l'histoire et de la culture, exprim&#233;e par une parole puissante &#187;, comme on peut lire dans Le Plateau de l'albatros. Ce champ, on sait que Kenneth White l'appelait le &#171; champ du grand travail &#187; : c'est celui de la g&#233;opo&#233;tique, celui qui nous occupe ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin dans le m&#234;me texte, il observe que des foyers d'&#233;nergie g&#233;opo&#233;tiques sont apparus en Russie depuis les ann&#233;es 90, et il cite &#224; ce propos la revue Kosmopolis du 21 octobre 2006 : &#171; En Russie, la g&#233;opo&#233;tique a &#233;merg&#233; comme une r&#233;ponse au vide qui caract&#233;rise la litt&#233;rature post-sovi&#233;tique. &#187; Plus tard, il re&#231;oit un courrier d'un professeur de l'universit&#233; de Donetsk, en Ukraine, l'informant que la g&#233;opo&#233;tique &#233;tait enseign&#233;e l&#224;-bas. Et White de conclure cette &#233;vocation de la g&#233;opo&#233;tique en terre russe et ukrainienne : &#171; C'est alors que l'Histoire a fait irruption, avan&#231;ant ses tanks. &#187; Dans un livre publi&#233; en 2019 intitul&#233; Les Le&#231;ons du vent, il cite Voltaire : &#171; L'Ukraine aspira toujours &#224; &#234;tre libre. &#187; Est-ce que la g&#233;opo&#233;tique, autant en Russie qu'en Ukraine, participait de ce vent de libert&#233; qui souffle &#231;&#224; et l&#224; &#224; travers de petits groupes d'hommes et de femmes ? Sans doute. Mais l'Histoire, comme souvent, &#233;crase l'exp&#233;rience g&#233;ographique qui se d&#233;ploie au-del&#224; de toutes les fronti&#232;res trac&#233;es entre les peuples. Efface-t-elle tout ? Non, des traces demeurent, qui peuvent &#234;tre red&#233;couvertes plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre ambition ici, dans cette revue, est de revenir, malgr&#233; le contexte historique pour le moins n&#233;gatif, aux lieux m&#234;mes. Ce num&#233;ro &#8211; apr&#232;s un dialogue sur la g&#233;opo&#233;tique entre moi-m&#234;me et Florence Trocm&#233; &#8211; accueille tout d'abord une &#233;tude de Goulven Le Brech sur Kenneth White et Robinson Jeffers, po&#232;te install&#233; sur la c&#244;te ouest des Etats-Unis, en un lieu isol&#233; o&#249; il a b&#226;ti sa propre demeure &#224; l'&#233;cart d'une humanit&#233; devenue trop bruyante. Deux philosophes &#8211; Martin Heidegger et Marc Bonneval &#8211; &#233;voquent aussi la question du lieu, du lieu qu'on habite et qu'on a choisi d'habiter pour des raisons essentiellement po&#233;tiques, parce qu'il permet une certaine concentration de l'esprit. Ensuite, Patrick Joquel ouvre la marche, le vent se l&#232;ve avec Nathalie Riera, et le chemin continue avec d'autres exp&#233;riences de l'espace, plus mouvantes, plus complexes : celle d'un entre-deux entre la Bretagne et le Qu&#233;bec avec Rachel Bouvet et Laure Morali, un dialogue dans les Laurentides entre deux po&#232;tes qu&#233;b&#233;cois, Michel X C&#244;t&#233; et S&#233;bastien Auger, puis diverses p&#233;r&#233;grinations g&#233;opo&#233;tiques avec Anne Cury-Koenig, Antoine Maine et moi-m&#234;me, dans les parages du volcan du Piton de la Fournaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui compte ici, c'est d'ouvrir l'esprit &#224; l'espace, aux espaces, et surtout aux dialogues qu'ils font na&#238;tre. Cette revue n'est pas une suite de monologues d'individus coinc&#233;s dans leur propre lieu, elle doit ouvrir un espace de dialogues interhumains en contact avec les &#233;l&#233;ments (&#171; terre &#224; terre &#187;, comme il est dit ici), depuis les lieux les plus divers de la plan&#232;te. Dans ce num&#233;ro, c'est tout un continent qui s'ouvre &#224; travers le Qu&#233;bec, et je suis s&#251;r que ce mouvement d'ouverture g&#233;opo&#233;tique au monde entier se poursuivra, au-del&#224; des guerres, &#171; au large de l'Histoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.M.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Atelier insulaire&lt;br class='autobr' /&gt;
C&#244;te nord de La R&#233;union&lt;br class='autobr' /&gt;
Hiver austral 2025&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Martin Heidegger | Un pays pour la cr&#233;ation : Pourquoi restons-nous en province ?</title>
		<link>https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/article/martin-heidegger-un-pays-pour-la-creation-pourquoi-restons-nous-en-province</link>
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		<description>&lt;p&gt;texte paru dans le deuxi&#232;me num&#233;ro de la Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/" rel="directory"&gt;Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/logo/172773ualud.jpg?1759403717' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur la pente d'une vaste vall&#233;e au sud de la For&#234;t-Noire s'&#233;l&#232;ve &#224; 1 150 m&#232;tres d'altitude un petit refuge pour skieurs. Il mesure en tout et pour tout six &#224; sept m&#232;tres de long. Le toit surbaiss&#233; abrite trois pi&#232;ces : une cuisine, une chambre et un minuscule bureau. Dispers&#233;es dans le fond resserr&#233; de la vall&#233;e et sur l'autre versant, tout aussi raide, s'&#233;talent, en larges &#233;tagements, des fermes au vaste toit en surplomb. Sur la pente, pr&#233;s et p&#226;turages montent jusqu'&#224; la vieille for&#234;t de sombres sapins qui s'&#233;lancent toujours plus haut. Au-del&#224; de ces montagnes s'&#233;tend un lumineux ciel d'&#233;t&#233; o&#249; deux &#233;perviers s'enfoncent en larges cercles dans cet espace radieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; le monde o&#249; je travaille &#8211; du moins quand on le regarde avec les yeux contemplatifs de l'h&#244;te et du vacancier. Pour ma part, je ne contemple &#224; vrai dire jamais le paysage. J'observe les changements de chaque heure, de chaque jour et de chaque nuit &#224; travers la grande alternance des saisons. La masse des montagnes et la fermet&#233; de sa roche originelle, la croissance tranquille des sapins, la simple splendeur &#233;clatante des pr&#233;s en fleurs, le bruissement du ruisseau dans la grande nuit de l'automne, l'aust&#232;re simplicit&#233; des pentes couvertes de neige, tout cela se pousse, s'accumule et s'&#233;lance &#224; travers l'existence quotidienne dans les hauteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela n'a rien de commun avec ces instants o&#249; l'on s'abandonne avec volupt&#233;, dans une harmonie de commande ; c'est en effet uniquement quand notre existence propre est immerg&#233;e dans son travail. C'est le travail qui ouvre en premier l'espace qui constitue la r&#233;alit&#233; de la montagne. L'avanc&#233;e du travail reste enfonc&#233;e dans l'&#233;v&#233;nement que constitue le paysage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, lors d'une profonde nuit d'hiver, une violente temp&#234;te de neige se d&#233;cha&#238;ne &#224; l'entour de la cabane, engloutissant et noyant tout, c'est alors le moment philosophique crucial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que le questionnement de la philosophie doit &#234;tre simple et essentiel. L'approfondissement de chaque pens&#233;e ne peut se faire autrement que de mani&#232;re incisive et tranchante. L'effort que n&#233;cessite l'&#233;criture de la langue est comparable &#224; la r&#233;sistance des sapins qui se dressent contre la temp&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au travail philosophique, il n'a rien &#224; voir avec les occupations d&#233;risoires d'un original. Il fait partie int&#233;grante du travail des paysans. Lorsque le jeune paysan tire le lourd tra&#238;neau dans la mont&#233;e, et que, surcharg&#233; de b&#251;ches de h&#234;tres, il le propulse promptement dans la pente p&#233;rilleuse jusqu'&#224; sa ferme, lorsque le berger, de son pas m&#233;ditatif et lent, pousse le b&#233;tail dans son ascension, lorsque le paysan pour sa pi&#232;ce principale met en place avec soin les nombreux bardeaux du toit, ce travail, compar&#233; au mien, est du m&#234;me ordre. C'est ici que s'enracine ma parent&#233; directe avec les paysans. Le citadin pense qu'il &#171; se m&#234;le au peuple &#187; d&#232;s qu'il s'abaisse &#224; tenir de longs propos avec un paysan. Quand, &#224; la pause du soir, je suis install&#233; avec les paysans sur le banc pr&#232;s du feu ou en t&#234;te de table, &#224; ce moment donc, la plupart du temps, aucune parole ne nous vient. Nous fumons nos pipes sans un mot. Il arrive certes qu'&#224; l'occasion une parole surgisse : la coupe du bois s'ach&#232;ve dans la for&#234;t, dans la nuit pr&#233;c&#233;dente une martre a fait irruption dans le poulailler, demain une vache va sans doute v&#234;ler, le paysan du plateau a eu une attaque, bient&#244;t le temps va &#171; tourner &#187;. L'intime communaut&#233; de mon travail avec la For&#234;t-Noire et ses habitants trouve son origine dans un enracinement al&#233;manique souabe de plusieurs si&#232;cles qui demeure irrempla&#231;able.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le citadin est tout au plus &#171; stimul&#233; &#187; par ce qu'il consid&#232;re comme un s&#233;jour &#224; la campagne. Tout mon travail au contraire est soutenu et dirig&#233; par le monde des montagnes et de ses paysans. Parfois, mon travail sur les hauteurs est interrompu un certain temps en bas par des n&#233;gociations, des tourn&#233;es de conf&#233;rences, des r&#233;unions et des cours. D&#232;s que je remonte pourtant, d&#232;s mes premi&#232;res heures de pr&#233;sence dans la cabane, le monde entier de mon questionnement ant&#233;rieur me revient avec la m&#234;me insistance pr&#233;gnante o&#249; je l'avais laiss&#233;. Me voil&#224; simplement transport&#233; dans le mouvement inh&#233;rent &#224; ma t&#226;che et tout compte fait je me retrouve soumis &#224; sa loi myst&#233;rieuse. Les citadins s'&#233;tonnent souvent &#224; l'id&#233;e d'un long isolement monotone parmi les paysans au milieu des montagnes. Mais il n'est pas question d'isolement, il s'agit simplement de solitude. Dans les grandes villes, l'homme peut tr&#232;s facilement se sentir bien plus seul qu'en presque n'importe quel autre endroit. Mais dans ces lieux il lui est impossible d'&#234;tre solitaire. Car la solitude a la propri&#233;t&#233; originelle non pas de nous isoler, mais de jeter notre existence enti&#232;re dans la vaste proximit&#233; de l'&#233;tant de toute chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut en un tournemain devenir en dehors d'ici une &#171; c&#233;l&#233;brit&#233; &#187; par journaux et revues interpos&#233;s. C'est encore le chemin le plus s&#251;r pour que le projet le plus personnel soit d&#233;voy&#233; et sombre rapidement dans un oubli total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, la mani&#232;re de se souvenir propre aux paysans refl&#232;te une fid&#233;lit&#233; &#224; la fois simple et ferme qui ne s'efface jamais. R&#233;cemment, une vieille paysanne est d&#233;c&#233;d&#233;e l&#224;-haut. Elle aimait souvent &#233;changer avec moi et elle me contait de vieilles anecdotes du village. Elle avait conserv&#233; dans sa langue rude et color&#233;e de nombreuses devises anciennes et quantit&#233; de formulations incompr&#233;hensibles aux jeunes du village d'aujourd'hui qui se sont effac&#233;es de notre langue vivante. Durant l'ann&#233;e pass&#233;e &#8211; lorsque j'ai v&#233;cu pendant des semaines seul dans ma cabane &#8211; avec ses quatre-vingt-trois ans, elle est mont&#233;e assez souvent chez moi. Elle voulait voir, ainsi qu'elle me le dit, v&#233;rifier si j'&#233;tais encore l&#224; et si &#171; quelqu'un &#187; ne m'avait pas cambriol&#233; sans qu'on le remarque. Elle a pass&#233; la nuit de sa disparition en conversation avec ses proches. Moins de deux heures avant sa &#171; fin &#187;, elle les a charg&#233;s de saluer &#171; monsieur le professeur &#187;. Un tel hommage a bien plus de valeur que le &#171; reportage &#187; le plus subtil d'un journal &#224; fort tirage &#224; propos de ce que l'on pr&#233;tend &#234;tre ma philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde de la ville menace de verser dans une h&#233;r&#233;sie funeste. Une curiosit&#233; tr&#232;s bruyante, tr&#232;s active, inh&#233;rente &#224; l'air du temps, semble souvent se pr&#233;occuper du monde des paysans et de leur existence. Mais en proc&#233;dant ainsi on refuse de voir ce qui de nos jours est une n&#233;cessit&#233; premi&#232;re : rester &#224; distance de la vie paysanne et plus que jamais l'abandonner &#224; ses propres lois : n'y touchez pas &#8211; afin de ne pas l'en extraire pour l'introduire de force dans cette litt&#233;rature qui &#233;voque les coutumes populaires et l'attachement &#224; la terre. Le paysan n'a nul besoin ni aucune intention de se ranger dans cette cat&#233;gorie commode voulue par les citadins. Mais ce dont il a besoin et ce qu'il veut, c'est que l'on consid&#232;re avec un tact r&#233;serv&#233; son &#234;tre propre et son ind&#233;pendance. Mais nombre de ceux qui viennent de la ville et autres arrivants &#8211; les skieurs ne sont pas en reste &#8211; se comportent aujourd'hui souvent dans le village ou &#224; la ferme comme s'ils &#171; s'amusaient &#187; dans leurs lieux de luxe de divertissement des grandes villes. Un tel comportement d&#233;truit en une seule soir&#233;e bien plus de choses que des enseignements sp&#233;cialis&#233;s seraient susceptibles en plusieurs d&#233;cennies de faire revivre en mati&#232;re de vie populaire et de folklore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons de c&#244;t&#233; tout embourgeoisement condescendant et son pseudo-folklore inauthentique &#8211; apprenons &#224; prendre au s&#233;rieux cette rude existence des hauteurs. C'est alors seulement qu'elle nous parlera de nouveau. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai re&#231;u r&#233;cemment une seconde demande pour rejoindre l'universit&#233; de Berlin. Dans ce genre de situation je m'&#233;loigne de la ville et je regagne ma cabane. J'&#233;coute ce que disent les montagnes, les for&#234;ts et les fermes. Je rends visite &#224; mon vieil ami, un paysan de soixante-quinze ans. Il a entendu parler dans le journal de la demande de Berlin. Que va-t-il dire ? Il plonge lentement le regard ferme de ses yeux clairs dans les miens, tient ses l&#232;vres fermement serr&#233;es et me pose pensif sa main fid&#232;le sur les &#233;paules puis&#8230; il secoue la t&#234;te d'un mouvement &#224; peine perceptible. Ce qui revient &#224; prononcer un non ferme et d&#233;finitif !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction de Raymond Prunier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Revue g&#233;opo&#233;tique internationale, deuxi&#232;me num&#233;ro (automne 2025)</title>
		<link>https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/article/revue-gepoetique-internationale-deuxieme-numero-automne-2025</link>
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		<dc:date>2025-09-24T12:41:22Z</dc:date>
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		<dc:creator>LM</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;aux &#233;ditions Tarmac&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/" rel="directory"&gt;Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre ambition, dans cette revue, est de revenir, malgr&#233; le contexte historique pour le moins n&#233;gatif, aux lieux m&#234;mes. Ce num&#233;ro &#8211; apr&#232;s un dialogue sur la g&#233;opo&#233;tique entre moi-m&#234;me et Florence Trocm&#233; &#8211; accueille tout d'abord une &#233;tude de Goulven Le Brech sur Kenneth White et Robinson Jeffers, po&#232;te install&#233; sur la c&#244;te ouest des Etats-Unis, en un lieu isol&#233; o&#249; il b&#226;tit sa propre demeure et son lieu d'&#233;criture (&lt;i&gt;Tor House and Hawk Tower&lt;/i&gt;) &#224; l'&#233;cart d'une humanit&#233; devenue trop bruyante. Deux philosophes &#8211; Martin Heidegger et Marc Bonneval &#8211; &#233;voquent aussi la question du lieu, du lieu qu'on habite et qu'on a choisi d'habiter pour des raisons essentiellement po&#233;tiques, parce qu'il permet une certaine concentration de l'esprit. Ensuite, Patrick Joquel ouvre la marche, le vent se l&#232;ve avec Nathalie Riera, et le chemin continue avec d'autres exp&#233;riences de l'espace, plus mouvantes, plus complexes : celle d'un entre-deux entre la Bretagne et le Qu&#233;bec avec Rachel Bouvet et Laure Morali, un dialogue dans les Laurentides entre deux po&#232;tes qu&#233;b&#233;cois, Michel X C&#244;t&#233; et S&#233;bastien Auger, puis diverses p&#233;r&#233;grinations g&#233;opo&#233;tiques avec Anne Cury-Koenig, Antoine Maine et moi-m&#234;me, dans les parages du volcan du Piton de la Fournaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.M.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Atelier insulaire&lt;br class='autobr' /&gt;
C&#244;te nord de la R&#233;union&lt;br class='autobr' /&gt;
Hiver austral 2025&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SOMMAIRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Margantin &#8211; &lt;i&gt;&#201;ditorial &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Margantin / Florence Trocm&#233; &#8211; &lt;i&gt;Entretien &#224; propos de Kenneth White et de la g&#233;opo&#233;tique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goulven Le Brech &#8211; &lt;i&gt;L'extr&#234;me c&#244;te Ouest : Kenneth White lecteur de Robinson Jeffers &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martin Heidegger &#8211; &lt;i&gt;Un pays pour la cr&#233;ation : Pourquoi restons-nous en province ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Bonneval &#8211; &lt;i&gt;Du lieu &#224; l'&#234;tre (I) : De l'espace&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Joquel &#8211; &lt;i&gt;Exercices du plus haut silence &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie Riera &#8211; &lt;i&gt;Quand le vent &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rachel Bouvet &#8211; &lt;i&gt;En chemin avec Laure Morali &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laure Morali &#8211; &lt;i&gt;La Vague&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel X C&#244;t&#233; / S&#233;bastien Auger &#8211; &lt;i&gt;&#201;changes terre &#224; terre, d'un bout &#224; l'autre des Laurentides &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Cury-Koenig &#8211; &lt;i&gt;Longtemps je regarde la g&#233;ographie des eaux &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine Maine &#8211; &lt;i&gt;Massif de la Vanoise, ao&#251;t 2022 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Margantin &#8211; &lt;i&gt;La Marche au volcan&lt;/i&gt; (illustrations de Brigitte Dusserre Bresson)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On peut commander le deuxi&#232;me num&#233;ro de la Revue g&#233;opo&#233;tique internationale aux &#233;ditions Tarmac &lt;a href=&#034;https://www.tarmaceditions.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.tarmaceditions.com/&lt;/a&gt; ou en librairie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Michel X C&#244;t&#233; | Alentours</title>
		<link>https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/article/michel-x-cote-alentours</link>
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		<description>&lt;p&gt;paru dans le premier num&#233;ro de la Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/" rel="directory"&gt;Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/logo/michel_x_cote.jpg?1755615671' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;l'autre matin&lt;br class='autobr' /&gt;
au bord de la grande rivi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
un pygargue &#224; t&#234;te blanche&lt;br class='autobr' /&gt;
dernier &#234;tre vivant au monde&lt;br class='autobr' /&gt;
prend son envol&lt;br class='autobr' /&gt;
tends l'oreille&lt;br class='autobr' /&gt;
quelque chose d'intemporel&lt;br class='autobr' /&gt;
te parle&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_91 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote4.jpg?1755614473' width='500' height='363' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;un vacarme de corneilles&lt;br class='autobr' /&gt;
dans les hauteurs des pins&lt;br class='autobr' /&gt;
saison de po&#234;le &#224; bois&lt;br class='autobr' /&gt;
le bouleau enseigne l'&#233;criture des ombres&lt;br class='autobr' /&gt;
le sentier conna&#238;t mon histoire par c&#339;ur&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_92 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote3.jpg?1755614532' width='500' height='372' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;repose-toi ma t&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
fais silence&lt;br class='autobr' /&gt;
comme tes yeux&lt;br class='autobr' /&gt;
s'ouvrent et se ferment sans bruit&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_93 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote2.jpg?1755614620' width='500' height='367' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;process drawing &lt;br class='autobr' /&gt;
encre et graphite&lt;br class='autobr' /&gt;
dessiner la g&#233;ologie du silence&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_94 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote1.jpg?1755614671' width='500' height='608' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#224; chaque fois qu'on lit un po&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
on devrait pouvoir se dire&lt;br class='autobr' /&gt;
tiens&lt;br class='autobr' /&gt;
je suis sorti de chez moi&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_95 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote6.jpg?1755614798' width='500' height='438' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#224; l'heure des brumes volantes&lt;br class='autobr' /&gt;
sur la grande rivi&#232;re des Outaouais&lt;br class='autobr' /&gt;
l'hiver n'en finit plus de se d&#233;faire&lt;br class='autobr' /&gt;
les premi&#232;res corneilles s'arrachent&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; grands cris des lambeaux de silence&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_96 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote7.jpg?1755614857' width='500' height='434' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;quelque chose a lieu&lt;br class='autobr' /&gt;
une habitation du monde&lt;br class='autobr' /&gt;
entre sens et pr&#233;sence&lt;br class='autobr' /&gt;
tout dessin est une &#233;criture&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_97 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote8.jpg?1755614927' width='500' height='379' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;pri&#232;re pa&#239;enne&lt;br class='autobr' /&gt;
dans un espace apais&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
admettons qu'il faille&lt;br class='autobr' /&gt;
absolument nous prosterner&lt;br class='autobr' /&gt;
au moins que ce soit&lt;br class='autobr' /&gt;
devant le lichen&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_98 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/jpg/xcote5.jpg?1755614955' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lucien Suel | #JournalJardin</title>
		<link>https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/article/lucien-suel-journaljardin</link>
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		<dc:date>2025-03-17T15:11:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>LM</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;texte paru dans le premier num&#233;ro de la Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/" rel="directory"&gt;Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/logo/suel_jardin.jpg?1742224349' class='spip_logo spip_logo_right' width='122' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;En 2012, j'ai commenc&#233; &#224; publier mon journal de jardinier sur le r&#233;seau twitter. Tous mes tweets de jardinier, ann&#233;e par ann&#233;e, jusqu'en 2017, ont &#233;t&#233; rassembl&#233;s et figurent dans le livre &#171; Les Vers de la Terre &#187; (Journaux 2007-2017) &#233;dit&#233; au Dernier T&#233;l&#233;gramme en octobre 2018. On trouvera ci-dessous mes derniers tweets de jardin compos&#233;s en 2018, 2020, 2021 et 2023 in&#233;dits en volume.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lucien Suel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;#JournalJardin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; la m&#233;moire de&lt;br class='autobr' /&gt;
Fleury Verbrugghe (1896-1985) &lt;br class='autobr' /&gt;
et L&#233;on Suel (1920-2018),&lt;br class='autobr' /&gt;
nos ma&#238;tres jardiniers&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Tron&#231;onneuse, scie &#224; b&#251;che, masse et coins de m&#233;tal pour m&#233;tamorphoser l'&#233;rable plane en st&#232;res de bois de chauffage pour l'hiver 2020. R&#233;paration de la cl&#244;ture, renforcement de cinq poteaux en fr&#234;ne par des corni&#232;res. Au jardin, transport du compost &#224; la brouette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 f&#233;vrier&lt;br class='autobr' /&gt;
Ciel bleu-p&#226;le et petit vent du Nord pour les premiers semis en pleine terre, laitue Batavia blonde et poireau. Les pieds d'artichaut reprennent vigueur. Dans la serre, l'&#233;pinard G&#233;ant d'hiver fabrique ses feuilles et la Batavia Rouge de Grenoble commence &#224; pommer. #JournalJardin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette semaine, premi&#232;re utilisation de la fourche-b&#234;che pour retourner le jardin, enterrer le compost, les plantes de l'hiver, ch&#233;lidoine, pavot, mouron, v&#233;ronique petit-ch&#234;ne et m&#226;che mont&#233;e. Semis et plantation des plantes-racines (carotte, ail, oignon, &#233;chalote).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 avril &lt;br class='autobr' /&gt;
Semis des plantes-feuilles : persil, laitue Grosse blonde paresseuse, laitue Batavia fris&#233;e de Beauregard, &#233;pinard de Viroflay, poir&#233;e de Lyon, ciboulette. Les graines de laitue et poireau sem&#233;es en f&#233;vrier ont lev&#233;, lignes vertes en pointill&#233;s dans la terre noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;re journ&#233;e du jardinier retrait&#233; confin&#233; dans le jardin sous un soleil radieux. Pose des b&#226;ches sur les tas de bois. Arasage des taupini&#232;res et ramassage des cailloux. R&#233;colte des scaroles dans la serre. Plantation d'un rosier devant la tombe de Gus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;parations &#224; la tonnelle d&#233;grad&#233;e par les temp&#234;tes successives. Semis en bac des poivrons doux, Yolo Wonder et Corne de b&#339;uf. Ramassage du bois mort pour les barbecues, comme une course de vitesse avant que la v&#233;g&#233;tation renaissante n'ait tout recouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
huit-huit-huit &#8212; koui-koui-ki-kiki &#8212; kik &#8212; ki-ki-ki &#8212; tic &#8212; trrrt &#8212; tsih &#8212; tsip-tictictic &#8212; huit &#8212; tixtixtix &#8212; pink-pink &#8212; tchouc &#8212; sr&#238;h &#8212; trrrr&#233; &#8212; t&#232;c &#8212; tch &#8212; tac &#8212; tsyp-tsiep &#8212; tsih-tsih-tsih &#8212; st&#238;-&#238;-st&#238;-&#238;-st&#238;-&#238;-st&#238;-&#238;-pisti &#8212; tsit &#8212; tsit-tec-tec &#8212; pitt&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le fond monotone des tourterelles, je reconnais les prises de solo huit-huit-huit de la sittelle torchepot et le tsyp-tsiep en mode r&#233;p&#233;titif du pouillot v&#233;loce, tandis que je charge, transporte et vide les brouettes de compost sur la terre du potager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
L'hiver a &#233;t&#233; cl&#233;ment, on r&#233;colte encore en pleine terre carottes, panais et scaroles. La m&#226;che est superbe et les poireaux n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;s. En revanche, l'essai de b&#234;chage n'est pas concluant m&#234;me &#224; la fourche-b&#234;che, la terre est bien trop collante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
Semis d'un m&#233;lange de graines (laitue de Lille, Batavia et Lollo Rossa) en pleine terre, &#224; la vol&#233;e, sur l'emplacement libre o&#249; s'entassait le compost. Semis sous abri, dans le tunnel : chou de Milan de Bruxelles et laitue Grosse blonde paresseuse (sic !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
Reprise du b&#234;chage. La terre est meilleure, moins de cailloux, plus de lombrics. Deux oiseaux nous accompagnent de temps &#224; autre, un gros faisan de Colchide rutilant de couleurs qui longe lentement la haie du jardin et, plus proche, Roberto le rouge-gorge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque apr&#232;s-midi, sous un soleil printanier, je b&#234;che pendant quelques heures. J'avance en enterrant le fumier et je pense aussi &#224; ceux qui souffrent et &#224; ceux qui ragent. Anticipant les semailles et les r&#233;coltes futures, je m&#233;dite sur le monde &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
B&#234;chage quotidien. Apr&#232;s quelques sillons, je vois le rouge-gorge perch&#233; sur une motte de terre fra&#238;che. Il saisit du bec par le milieu un jeune ver de terre d'une dizaine de centim&#232;tres. En deux temps trois mouvements exactement, il l'avale gloutonnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Roberto le rouge-gorge, je suis l'individu qui lui garantit sa ration quotidienne de prot&#233;ines. Je me croyais jardinier ind&#233;pendant. Me voici exploit&#233; par un oiseau qui profite de mon travail. Sans parler des souffrances du jeune ver de terre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
Termin&#233; le b&#234;chage de la moiti&#233; gauche (200 m&#178;). Pour la suite, ce sera plus rapide car une bonne partie est occup&#233;e par les rang&#233;es de framboisiers, de fraisiers, d'artichauts et de poireaux. Les porte-graines sont des pieds isol&#233;s : m&#226;che, carotte, chou.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entretien et sarclage des framboisiers. Gant&#233; -mais non masqu&#233;-, muni d'une griffe, je parcours les rangs &#224; genoux, extirpant pissenlits, lamiers blancs, orties et pieds de veau. J'imagine nos autorit&#233;s, &#224; quatre pattes, chassant le virus, &#224; toute vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 avril&lt;br class='autobr' /&gt;
Jamais aussi tardivement, pr&#233;lev&#233; les derni&#232;res scaroles en pleine terre (habituellement, en janvier, le gel les &#233;limine). Rabattu de moiti&#233; le laurier-sauce qui surplombait la serre. Mehr Licht ! Perch&#233; dans le lilas boutonneux, R.-G. Roberto improvise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 avril&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'ext&#233;rieur, sur la terrasse, dans un cocktail 1/3 terre+2/3 terreau, op&#233;rations de transplantation des C&#339;urs de b&#339;uf (!) et des Cerises, tomates sem&#233;es le 29 f&#233;vrier. 46+20 godets individuels ; une bonne partie sera offerte &#224; la famille et aux amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 avril&lt;br class='autobr' /&gt;
Gros travail &#224; la houe : plantation des pommes de terre (Charlotte, Raja, Ch&#233;rie), 17 rangs de 15. Il faudra ensuite les butter. Le jardinier esp&#232;re r&#233;colter au mois d'ao&#251;t, en d&#233;pit du fait que les autorit&#233;s l'aient class&#233; dans une tranche d'&#226;ge critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 avril&lt;br class='autobr' /&gt;
Sem&#233; un m&#233;lange radis/navets de Nancy, et les premi&#232;res carottes. Plant&#233; l'ail (90 gousses) et l'&#233;chalote (30 bulbes) en &#233;coutant mes stations pr&#233;f&#233;r&#233;es Radio Rouge-Gorge et Radio Fauvette, ni bruit ni fureur, ni propagande ni mensonge, ni haine ni b&#234;tise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 avril&lt;br class='autobr' /&gt;
Achevant le b&#234;chage, travail r&#233;p&#233;titif, r&#233;flexion en roue libre, je pense &#224; celui qui m'a montr&#233; les gestes et les outils ; mon p&#232;re mort en janvier 2018 dans sa quatre-vingt-dix-huiti&#232;me ann&#233;e. Il avait cess&#233; tout travail au jardin juste un an auparavant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Petit &#224; petit, vieillissant, atteint de cataracte, le jardinier avait diminu&#233; les vari&#233;t&#233;s cultiv&#233;es et la surface &#224; travailler, all&#233;es de plus en plus larges, jach&#232;re sur les bords. Les derniers temps, il avait plus m&#233;dit&#233; et parl&#233; que cultiv&#233; et r&#233;colt&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le p&#232;re du jardinier a rendu le dernier souffle, paisiblement, chez lui, entour&#233; de ses enfants. Je mesure la gr&#226;ce de ce moment, en ces jours o&#249; nombre de personnes &#226;g&#233;es meurent sans pouvoir &#233;changer avec leurs proches une parole, un regard, une caresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 avril&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;colt&#233; carottes, panais et c&#233;leris-raves qui ont pu encore grossir apr&#232;s avoir travers&#233; un hiver cl&#233;ment. Sem&#233; les f&#232;ves Sutton et les petits pois. Remplac&#233; le garde-fou -un simple baliveau- qui facilite l'acc&#232;s du jardin vers la Via Francigena ou GR 145.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 avril&lt;br class='autobr' /&gt;
Hors du potager, pour le plaisir des yeux, poussent d'autres plantes. De bas en haut de la colline, devant et derri&#232;re la maison, iris, jonquilles, p&#226;querettes et al., manifestant la beaut&#233; du monde, des lieux o&#249; lire, o&#249; &#233;crire, &#224; l'&#233;cart des malfaisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 f&#233;vrier&lt;br class='autobr' /&gt;
Soleil, grand ciel bleu, gel moins 5&#176;. Travail d'int&#233;rieur sur la table de la cuisine pr&#232;s de la cuisini&#232;re &#224; bois, plus 23&#176; : semis en godets de graines d'artichaut obtenues d'une fleur &#233;panouie l'an dernier et mise &#224; s&#233;cher. Lev&#233;e pr&#233;vue samedi prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 f&#233;vrier&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but du d&#233;gel, revue des d&#233;g&#226;ts. Les pieds d'artichaut ont triste mine. &#192; l'abri sous des b&#226;ches, carottes et c&#233;leris-raves restants ont r&#233;sist&#233;. Les citernes n'ont pas &#233;clat&#233;. Dans la serre-tunnel, semis de laitues diverses (Appia, Batavia, Lollo Rossa).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 f&#233;vrier&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais greffer des arbres. C'est la premi&#232;re fois. Pour les greffons, avec l'&#233;chenilloir, j'ai pr&#233;lev&#233; des rameaux de 20 cm au bout des branches du cerisier Bigarreau G&#233;ant de Heldenfingen plant&#233; en 2012 et qui a produit sa premi&#232;re vraie r&#233;colte en 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
Dimanche aux confins du royaume. &#192; l'int&#233;rieur de la maison, semis en bacs dans un m&#233;lange 3/4 terreau / 1/4 terre : quatre vari&#233;t&#233;s de tomates (Noire de Crim&#233;e, Coeur de boeuf, Cerise et Poire Rouge) des poivrons Yolo Wonder et des aubergines demi-longues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;res plantations en pleine terre. Oignons de Mulhouse et ail blanc (44 gousses). Une ligne de f&#232;ves Sutton et une de petits pois &#224; l'emplacement des vieux framboisiers &#233;limin&#233;s (par eug&#233;nisme). A l'autre bout du jardin, les jeunes pousses bourgeonnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
Fourche et brouette. Transport du compost. Chaque brouette renvers&#233;e formant un tas, au final, le jardin ressemble &#224; un pays de petites collines. Ajout d'une ligne d'&#233;chalotes (30 bulbes) pr&#232;s des oignons. &#201;quarrissage &#224; la tron&#231;onneuse d'une souche d'orme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 mars&lt;br class='autobr' /&gt;
Br&#232;che b&#233;ante dans la b&#226;che de la serre d&#233;chir&#233;e par une rapide et fatale rafale de vent. Dans l'attente d'une nouvelle b&#226;che, le jardinier, tel un arri&#232;re-petit-fils de Rudyard Kipling, commence le b&#234;chage (fourcheb&#234;chage) sous un soleil quasi-printanier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 mai&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la r&#233;cente plantation en serre des pieds de tomates (Noire de Crim&#233;e, C&#339;ur de b&#339;uf, Black Cherry), semis en pleine terre (et en poquets) des cucurbitac&#233;es : courge butternut (doubeurre), concombre, courgette longue et courgette ronde de La Tiremande.&lt;br class='autobr' /&gt;
Semis d'un m&#233;lange qui donnera des haricots blancs ou jaunes ou verts ou bleus. J'innove avec des haricots Princesse, haricots &#224; perche ; il m'aura fallu devenir septuag&#233;naire pour imiter mon grand-p&#232;re et mon p&#232;re en cr&#233;ant comme eux ce tipi des haricots.&lt;br class='autobr' /&gt;
Longtemps que je n'avais pas sorti la Flore Bonnier du Nord de la France et de la Belgique pour identifier une plante : plante &#224; fleurs, p&#233;tales soud&#233;s entre eux, quatre &#233;tamines, feuilles non oppos&#233;es non &#233;pineuses. Famille des borraginac&#233;es, la vip&#233;rine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 f&#233;vrier&lt;br class='autobr' /&gt;
Apparition d'une petite flaque verte et blanche de perce-neige ; il faudra prot&#233;ger les boutons du magnolia avant les gel&#233;es de la semaine qui vient. Apr&#232;s &#233;lagage des fr&#234;nes, je choisis des rameaux porteurs de samares s&#232;ches pour une performance &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 f&#233;vrier&lt;br class='autobr' /&gt;
Retour au potager. Troqu&#233; les outils du b&#251;cheron pour la grelinette et le gro&#235;t ; sans grogner ni grincer, ils aideront &#224; &#233;liminer les renoncules rampantes qui ont profit&#233; de l'inattention du jardinier pour envahir et coloniser le terrain des artichauts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er mars&lt;br class='autobr' /&gt;
&#338;illetonnage et repiquage imm&#233;diat des artichauts suivis d'un arrosage et d'une protection individuelle (conteneur renvers&#233;) contre les gel&#233;es nocturnes et matinales. Coup de griffe (gro&#235;t) aux rang&#233;es de poireaux et de fraisiers. Abondante r&#233;colte de m&#226;che&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 avril&lt;br class='autobr' /&gt;
Achev&#233; la plantation des pommes de terre pour l'ann&#233;e. 54 plants d'Osiris h&#226;tives pour la pur&#233;e et les frites, 48 plants de Charlotte pour les pommes-vapeur et/ou saut&#233;es, 90 plants de raja, &#224; cuire au four et pour tous autres usages, sauf la distillation&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Goulven Le Brech | La goule aux f&#233;es</title>
		<link>https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/article/goulven-le-brech-la-goule-aux-fees</link>
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		<dc:date>2025-02-15T14:25:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Goulven Le Brech</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;publi&#233; dans le premier num&#233;ro de la Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/" rel="directory"&gt;Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/logo/lebrech.jpg?1739629513' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; pr&#233;sent j'ai franchi le Cap&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me perds dans l'espace oc&#233;an&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nager dans ces eaux me pla&#238;t&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car au loin dans le vide j'entrevois&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah, les signes blancs.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kenneth White, &#171; L'esprit sans g&#238;te &#187;,&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Terre de diamant&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques instants d'h&#233;sitation sur le seuil de la maison, il claqua la porte et s'engagea dans l'obscurit&#233;, en direction du chemin de ronde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rues de la cit&#233; baln&#233;aire, tout lui rappelait son pass&#233; : le banc &#224; l'angle de la rue, le vieux cerisier dans l'all&#233;e caillouteuse, le bow-window de la grande villa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attentif &#224; la mansu&#233;tude du dehors, il humait l'air salin, scrutait les trou&#233;es dans les nuages, examinait les lumi&#232;res aux fen&#234;tres des maisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aimait cet &#233;cho familier des choses, s'y lovait sans retenue, comme un enfant dans sa housse de couette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aimait particuli&#232;rement regarder les fa&#231;ades des maisons d&#233;filer sous ses yeux, &#233;couter les bruits lui parvenant de leurs int&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il passa devant une petite habitation en briques et, sans ralentir son allure, lu les quatre grandes majuscules inscrites sur la bo&#238;te &#224; lettres : D I E U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de lumi&#232;re aux fen&#234;tres des quatre pi&#232;ces de la fa&#231;ade, Mme Dieu &#233;tait absente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa d&#233;ambulation, il &#233;tait accompagn&#233; de discrets piaillements d'oiseaux nich&#233;s dans les arbres et buissons, du lointain cri de quelques go&#235;lands en route pour les &#238;les, des pulsations r&#233;guli&#232;res de son c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un moment, il sentit une pr&#233;sence sur son c&#244;t&#233; droit, derri&#232;re une haie. &#199;a reniflait. Un coup d'&#339;il lui fit remarquer les poils noirs d'un chien silencieux : Malo. Il avait entendu son ma&#238;tre l'appeler ainsi lors d'une pr&#233;c&#233;dente promenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Manche, c'est la m&#233;lancolie primordiale &#187;, se dit-il, assis sur un banc face au large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand vent soufflait de la mer, sur laquelle &#233;mergeait, par touches successives, la blanche cr&#234;te des vagues. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une lune ronde et rousse &#233;clairait la vo&#251;te c&#233;leste. Son halo r&#233;v&#233;lait la mer, noire et moussue comme de la Guinness.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#226;cre odeur de varech embaumait l'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous ses pieds, le flux et le reflux des eaux, drossant sans r&#233;pits algues et coquillages, brassaient le souvenir de lointains commencements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son p&#232;re gisait l&#224;, fines particules de poussi&#232;re dansant dans les bas-fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait lui-m&#234;me port&#233; l'urne de ses cendres, un soir d'&#233;t&#233;, par mar&#233;e basse. Les rayons de l'astre avaient &#233;clair&#233; ses pas et ceux de ses proches, cheminant sur l'&#233;troite digue. Sous leurs pieds d&#233;filaient des centaines de petits crabes. &#171; Et le kayak ? Qui dirigera le kayak maintenant ? &#187; avaient-ils eu l'air de dire, leurs petites pinces point&#233;es en l'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parvenu sur la pointe d'un promontoire, il poursuivit sa conversation silencieuse avec les rochers, la mer, le vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fixa un instant le reflet d'un phare dans les vitres d'une villa esseul&#233;e. Cette lueur spectrale conf&#233;rait &#224; la villa une dimension surnaturelle. On aurait dit que quelqu'un y logeait et regardait la lune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fit le tour de la pointe en direction de la Goule aux f&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233; du mur se dressait la statue d'une Sainte, le torse d&#233;couvert dans l'obscurit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques m&#232;tres au-dessus de la muraille, des branches de pins maritimes oscillaient dans le vent nocturne. De l&#233;gers craquements interrompaient le silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il savait l&#224; le grand parc, ses lits d'aiguilles, la foug&#232;re, les ajoncs recouvrant les bunkers. Adolescent, il avait franchi le haut mur, et, vautr&#233; sur l'herbe, contempl&#233; l'extatique hymen de la mer et du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement brusque d'un taillis secou&#233; par le vent le fit tressaillir. Il sentit le sang circuler avec c&#233;l&#233;rit&#233; dans ses tempes.... Cette oscillation avait eu raison, un instant, de sa t&#233;m&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses pas le men&#232;rent &#224; l'or&#233;e de la Goule aux f&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'excavation naturelle s'&#233;talait sous ses pieds ; vaste galerie de cinquante m&#232;tres, creus&#233;e par l'imm&#233;morial mouvement de la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il descendit les marches de l'escalier taill&#233;es dans la roche et s'assit au plus pr&#232;s des flots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#244;ta ses chaussures et v&#234;tements, puis p&#233;n&#233;tra dans l'eau froide. Doucement, il se laissa glisser dans le bras de la Goule, le nez dans l'&#233;cume, flottant, dans le liquide sal&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ferma les yeux et soudainement tout devint blanc, transparent, lumineux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nageait avec son p&#232;re, dans la passe de la plage de M&#233;buet,&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur l'&#238;le de Mar&#233;, dans l'Oc&#233;an Pacifique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Karine Miermont | les instants les merles</title>
		<link>https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/article/karine-miermont-les-instants-les-merles</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>LM</dc:creator>


		<dc:subject>g&#233;opo&#233;tique</dc:subject>
		<dc:subject>Revue g&#233;opo&#233;tique internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Karine Miermont</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;extrait du premier num&#233;ro de la Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/p&gt;

-
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&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/mot/karine-miermont" rel="tag"&gt;Karine Miermont&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/logo/karine-miremont-478x730.jpg?1733576778' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Silence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seize novembre deux mille quinze &#224; midi, &lt;br class='autobr' /&gt;
minute de silence dans le pays, &lt;br class='autobr' /&gt;
cloche qui sonne, sir&#232;ne au loin, &lt;br class='autobr' /&gt;
bruit de la plume du stylo qui gratte le papier tout en d&#233;posant &lt;br class='autobr' /&gt;
l'encre, &lt;br class='autobr' /&gt;
cris des mouettes, &lt;br class='autobr' /&gt;
son strident du vieux r&#233;frig&#233;rateur, &lt;br class='autobr' /&gt;
bruit sourd et constant dont on ne sait &lt;br class='autobr' /&gt;
s'il vient d'une ventilation proche &lt;br class='autobr' /&gt;
ou du boulevard p&#233;riph&#233;rique bien plus loin, &lt;br class='autobr' /&gt;
quelqu'un tra&#238;ne un bagage sur roulettes, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;a ne dure pas, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;a y est c'est fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concert&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en connais un qui stationne pr&#232;s de la Tour Montparnasse&lt;br class='autobr' /&gt;
en haut de l'avenue du Maine sur la droite&lt;br class='autobr' /&gt;
avant que le boulevard de Vaugirard ne la croise,&lt;br class='autobr' /&gt;
il y a quatre arbres au confluent des rues.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le merle se perche sur l'une des branches et chante,&lt;br class='autobr' /&gt;
malgr&#233; toutes les notes dissonantes &lt;br class='autobr' /&gt;
et la cacophonie de l'activit&#233; humaine,&lt;br class='autobr' /&gt;
la sourde vibration de la circulation des m&#233;tros,&lt;br class='autobr' /&gt;
les flux puissants de tous les autobus qui convergent pr&#232;s de la gare&lt;br class='autobr' /&gt;
avec leurs klaxons brefs et aigus, &lt;br class='autobr' /&gt;
les scooters qui geignent au d&#233;part des feux rouges,&lt;br class='autobr' /&gt;
les voitures petites ou grosses, les cris, les rires, les plaintes, les conversations&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout ce monde occup&#233; et bruyant&lt;br class='autobr' /&gt;
tandis que le merle chante, impassible, nous d&#233;fiant &lt;br class='autobr' /&gt;
nous montrant la voie,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre qui continue d'exister &#234;tre malgr&#233; tout,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la beaut&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains humains y sont d'ailleurs sensibles, je les vois&lt;br class='autobr' /&gt;
s'arr&#234;ter au niveau des quatre arbres et chercher &lt;br class='autobr' /&gt;
le merle&lt;br class='autobr' /&gt;
le trouver, et rester l&#224;, un instant, &#224; l'&#233;couter &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Passage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grue cendr&#233;e pass&#233;e ce matin vers sept heures, &lt;br class='autobr' /&gt;
moi &#224; peine r&#233;veill&#233;e sous le plafond du toit qui regarde le ciel,&lt;br class='autobr' /&gt;
la grue a cri&#233; comme pour se signaler,&lt;br class='autobr' /&gt;
la grue s&#251;rement en t&#234;te ou au milieu d'autres,&lt;br class='autobr' /&gt;
les grues toujours en groupe, dix ou vingt, formant ligne ou fl&#232;che,&lt;br class='autobr' /&gt;
volant parfaitement accord&#233;es dans l'espace et le temps,&lt;br class='autobr' /&gt;
parfaitement accord&#233;es dans leur mesure et leur vitesse,&lt;br class='autobr' /&gt;
traversant le ciel deux fois l'an, &lt;br class='autobr' /&gt;
voyage immense, migration,&lt;br class='autobr' /&gt;
la grue a cri&#233; ce matin et ainsi je l'ai reconnue, &lt;br class='autobr' /&gt;
pas le temps de la voir,&lt;br class='autobr' /&gt;
de les voir comme je les vis il y a trois ans,&lt;br class='autobr' /&gt;
quand par chance &#224; ma fen&#234;tre et regardant le ciel,&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles pass&#232;rent d'est en ouest.&lt;br class='autobr' /&gt;
Suivent-elles les fleuves ou bien les champs magn&#233;tiques,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme autant de balises, immenses cartes dans leurs t&#234;tes infimes,&lt;br class='autobr' /&gt;
cette grue cendr&#233;e pass&#233;e ce matin,&lt;br class='autobr' /&gt;
oiseau migrateur son voyage au loin,&lt;br class='autobr' /&gt;
libre des contraintes de l'espace de la Terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Grue cendr&#233;e reconnue &#224; son cri,&lt;br class='autobr' /&gt;
au-dessus de mon corps allong&#233; t&#234;te au nord,&lt;br class='autobr' /&gt;
impression du passage de la grue juste l&#224;, &lt;br class='autobr' /&gt;
au-dessus pass&#233;e, au-dessus cri&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
juste un cri, diff&#233;rent des cris d'oiseaux ici habituels,&lt;br class='autobr' /&gt;
merles, pigeons, mouettes, m&#233;sanges, geais, corneilles,&lt;br class='autobr' /&gt;
cri de la grue tout &#224; coup ce matin, comme bonjour, comme salut&lt;br class='autobr' /&gt;
passage des grues, horloge des saisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Telle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rue Saint Sulpice vers dix-sept heures plein soleil&lt;br class='autobr' /&gt;
juste un peu d'ombre sur le trottoir de droite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#224; coup dans le soleil et assez haut,&lt;br class='autobr' /&gt;
il faut lever la t&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
une libellule, reflets orange marron, pas tr&#232;s grande, &lt;br class='autobr' /&gt;
semble perdue, &#233;gar&#233;e, effray&#233;e,&lt;br class='autobr' /&gt;
ne sait de quel c&#244;t&#233; aller, o&#249; se poser,&lt;br class='autobr' /&gt;
reste dans l'air.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'attraperais volontiers, pour faire quoi je ne sais,&lt;br class='autobr' /&gt;
la poser dans un jardin, la voir de plus pr&#232;s pour l'identifier,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme nous avons fait ces jours-ci dans la for&#234;t,&lt;br class='autobr' /&gt;
identifier telle grenouille tel t&#234;tard &lt;br class='autobr' /&gt;
tel mulot tel oiseau tel l&#233;zard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six heures un jour de janvier j'entends les merles chanter, &lt;br class='autobr' /&gt;
d&#232;s qu'il fait plus froid, comme si c'&#233;tait l'hiver ils ne chantent plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant ils sont toujours l&#224;, ne migrent pas,&lt;br class='autobr' /&gt;
Car d&#232;s qu'il fait plus chaud ils chantent &#224; nouveau,&lt;br class='autobr' /&gt;
au cr&#233;puscule, &#224; l'aurore,&lt;br class='autobr' /&gt;
ce chant d&#233;licat, tr&#232;s vari&#233; dans les notes, &lt;br class='autobr' /&gt;
en tous les cas tr&#232;s modul&#233; dans la composition et le rythme, &lt;br class='autobr' /&gt;
ce chant &#233;labor&#233; et harmonieux contraste avec le son de la ville,&lt;br class='autobr' /&gt;
tous bruits de la rue o&#249; dominent les sons des moteurs, &lt;br class='autobr' /&gt;
voitures, bus, camions, scooters.&lt;br class='autobr' /&gt;
En fin d'apr&#232;s-midi le merle est perch&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
le plus souvent sur une branche haute, mais ce peut &#234;tre une antenne, une chemin&#233;e, le bord d'un toit, une croix,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme s'il voulait dominer l'agitation en-dessous,&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pas seulement par la hauteur &#224; laquelle il se perche et qui lui donne manifestement un poste s&#251;r et surplombant,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme s'il souhaitait dominer avec sa voix, ce qui est bien moins &#233;vident &lt;br class='autobr' /&gt;
et ressemble &#224; un geste, une grande force de caract&#232;re, &lt;br class='autobr' /&gt;
celui qui court le risque de chanter pour rien ni personne, &lt;br class='autobr' /&gt;
une volont&#233; quasi esth&#233;tique, produire son chant co&#251;te que co&#251;te,&lt;br class='autobr' /&gt;
sinon simplement son instinct de merle programm&#233; pour chanter,&lt;br class='autobr' /&gt;
attirer l'autre pour perp&#233;tuer l'esp&#232;ce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cerfs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont l&#224; depuis quatre-cent millions d'ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont c&#244;toy&#233; les mammouths, les aurochs, les bisons&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont v&#233;cu dans la steppe, les glaciers&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils sont mont&#233;s vers les sommets, descendus dans les plaines&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont fui les glaces, cherch&#233; les herbes, les arbustes, les &#233;corces&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deux entretiens sur Kenneth White et la Revue g&#233;opo&#233;tique internationale</title>
		<link>https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/article/deux-entretiens-sur-kenneth-white-et-la-revue-geopoetique-internationale</link>
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		<dc:date>2024-12-04T10:59:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>LM</dc:creator>


		<dc:subject>Kenneth White </dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Margantin</dc:subject>
		<dc:subject>g&#233;opo&#233;tique</dc:subject>
		<dc:subject>Revue g&#233;opo&#233;tique internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Christophe Jubien</dc:subject>
		<dc:subject>Florence Trocm&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Poesibao</dc:subject>
		<dc:subject>Radio Grand Ciel</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;par Laurent Margantin&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/" rel="directory"&gt;Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/mot/kenneth-white" rel="tag"&gt;Kenneth White &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/mot/laurent-margantin" rel="tag"&gt;Laurent Margantin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/mot/geopoetique" rel="tag"&gt;g&#233;opo&#233;tique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/mot/revue-geopoetique-internationale" rel="tag"&gt;Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/mot/florence-trocme" rel="tag"&gt;Florence Trocm&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/mot/poesibao" rel="tag"&gt;Poesibao&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/mot/radio-grand-ciel" rel="tag"&gt;Radio Grand Ciel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/logo/rgi-3.jpg?1733309878' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://www.poesibao.fr/entretien-avec-laurent-margantin-autour-de-la-revue-geopoetique-internationale/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans le premier num&#233;ro de POESIBAO III&lt;/a&gt; paru le 4 novembre 2024, je r&#233;ponds aux questions de Florence Trocm&#233; sur Kenneth White et sur le premier num&#233;ro de la Revue g&#233;opo&#233;tique internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://radiograndciel.fr/podcast/revue-geopoetique-internationale/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans l'&#233;mission La Route inconnue du mois de novembre 2024&lt;/a&gt;, je m'entretiens avec Christophe Jubien &#224; propos de la Revue g&#233;opo&#233;tique internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux entretiens, il est question de ma rencontre avec l'oeuvre de Kenneth White, de mes publications dans les Cahiers de g&#233;opo&#233;tique, de mes &#233;changes et rencontres avec le po&#232;te franco-&#233;cossais, du Coll&#232;ge de g&#233;opo&#233;tique en cours de cr&#233;ation, et de mon propre parcours comme &#233;crivain, chercheur et traducteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Auxem&#233;ry |&#224; l'orient la vague</title>
		<link>https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/article/auxemery-a-l-orient-la-vague</link>
		<guid isPermaLink="true">https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/article/auxemery-a-l-orient-la-vague</guid>
		<dc:date>2024-11-16T17:05:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Revue g&#233;opo&#233;tique internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Auxem&#233;ry </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;extrait du premier num&#233;ro de la Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/" rel="directory"&gt;Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/mot/revue-geopoetique-internationale" rel="tag"&gt;Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/mot/auxemery" rel="tag"&gt;Auxem&#233;ry &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/logo/auxemery.jpg?1731776726' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='126' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#224; l'orient la vague&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'&#233;tendue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#224; l'orient la vague &amp; le cri&lt;br class='autobr' /&gt;
d'avant toute origine&lt;br class='autobr' /&gt;
d'avant toute abali&#233;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la lame de lumi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
qui va percer la nuit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#224; l'orient le vide&lt;br class='autobr' /&gt;
que les bouches assembl&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
acclameront &#224; l'instant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o&#249; percera la lame&lt;br class='autobr' /&gt;
o&#249; chantera l'astre sous la brume &#8213;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; l'orient cette naissance de la lumi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
au matin du monde&lt;br class='autobr' /&gt;
d'avant toute naissance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp; toutes les bouches de tous les corps assembl&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
sur la montagne au matin de l'attente&lt;br class='autobr' /&gt;
avaleront cette goul&#233;e de vie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;aspireront toute la brume que charrie le ciel&lt;br class='autobr' /&gt;
&amp; ce sera ce cri &#224; la reverse de cette aval&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;cette voix unanime des corps combl&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
que l'attente aura magnifi&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le sourd &amp; l'obscur de leurs organes &#8213;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp; nous serons mont&#233;s &#224; l'assaut des marches du ciel&lt;br class='autobr' /&gt;
aurons bu l'eau des torrents&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;chiffr&#233; les po&#232;mes cramoisis incrust&#233;s sur les rochers gris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pass&#233; les portes &amp; couru sur la cr&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#234;tus de la p&#232;lerine impr&#233;gn&#233;e de brumes&lt;br class='autobr' /&gt;
&amp; de la crasse des pr&#233;c&#233;dents p&#232;lerins&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;puis ayant cri&#233; comme les fid&#232;les assembl&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
quand le soleil s'est mis &#224; chanter son po&#232;me incandescent&lt;br class='autobr' /&gt;
sur la mer de nuages en vrac&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;nous sommes redescendus vers la cit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
o&#249; les mains se tendaient mais c'&#233;tait pour qu&#233;mander&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp; les corps chantaient mais c'&#233;tait pour vendre &amp; se vendre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp; nous n'avons pas pill&#233; l'or de regards neufs dans les reflets des rues&lt;br class='autobr' /&gt;
car l'&#233;tincelle dans les yeux que nous avons crois&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;touffait sous la cendre du souci&lt;br class='autobr' /&gt;
&amp; les visages conservaient leurs promesses comme des biens rares &amp; jaloux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;nous avons vu les sourires des hommes &amp; des femmes&lt;br class='autobr' /&gt;
affair&#233;s &#224; leurs t&#226;ches communes aux commerces de leur survie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;des enfants aussi beaucoup d'enfants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;des &#234;tres qui auront tout le temps d'en d&#233;coudre avec le temps &#8213;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la vie d'en bas est ainsi &#8213;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;au sommet du Taishan les fid&#232;les crient&lt;br class='autobr' /&gt;
cette ferveur au matin du monde&lt;br class='autobr' /&gt;
parce que le monde est un &#233;ternel av&#232;nement sans &#226;ge &#8213;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;au promenoir de l'est sous les &#233;charpes de brumes ivres&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#234;tre humain n'est que ce cri &#8213;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en bas c'est murmure &amp; bredouillage&lt;br class='autobr' /&gt;
bruit de langues tr&#232;s lourdes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp; la montagne &#224; l'orient du monde nous aura&lt;br class='autobr' /&gt;
saisis en l'avant de notre avant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; l'aurore de notre cri&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;06/05/2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gary Snyder | Nous nous frayons un chemin</title>
		<link>https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/article/gary-snyder-nous-nous-frayons-un-chemin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/article/gary-snyder-nous-nous-frayons-un-chemin</guid>
		<dc:date>2024-09-15T08:32:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>LM</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;po&#232;mes parus dans le premier num&#233;ro de la Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://collegegeopoetique.com/revue-geopoetique-internationale/" rel="directory"&gt;Revue g&#233;opo&#233;tique internationale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://collegegeopoetique.com/IMG/logo/snyder2.jpg?1726389167' class='spip_logo spip_logo_right' width='119' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MANZANITA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'aube les coyotes&lt;br class='autobr' /&gt;
tissent chants de m&#233;decine&lt;br class='autobr' /&gt;
pi&#232;ges &#224; r&#234;ve &#8213; paniers &#224; esprits &#8213;&lt;br class='autobr' /&gt;
musique de voie lact&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
ils en concoctent de jeunes filles&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; rendre femmes ;&lt;br class='autobr' /&gt; ou la danse en tourbillon des&lt;br class='autobr' /&gt; gar&#231;ons &#224; rayures &#8213;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au coucher de lune les pins sont d'or violet&lt;br class='autobr' /&gt;
Juste avant le lever du soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chien cavale vers le sous-bois&lt;br class='autobr' /&gt;
Revient en haletant,&lt;br class='autobr' /&gt;
Un g&#233;ant sur ces petites fleurs s&#232;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pic&lt;br class='autobr' /&gt;
Tambourine en &#233;chos&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la prairie en paix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme tire, l&#226;che une fl&#232;che&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui vrombit, s'affale,&lt;br class='autobr' /&gt;
Manque une souche grise, et fend&lt;br class='autobr' /&gt;
Une branche sinueuse rouge lisse de manzanita.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manzanita fruits aux bouts des rameaux,&lt;br class='autobr' /&gt;
Grappes de baies vertes et dures&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus on regarde&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus ils paraissent gros,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; petites pommes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Charme&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
pour Michael McClure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaut&#233; de femmes nues ou mi-nues,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tendues l&#224;, rien de clair, d'&#233;vident &#8213; pas&lt;br class='autobr' /&gt;
de pose ; mais la courbe d'un dos, d'un bras,&lt;br class='autobr' /&gt;
une danse, ou bien &#8213; un appel &#224; &#171; un autre monde &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Royaume des D&#233;vas &#187;, mieux m&#234;me, pur Plaisir&lt;br class='autobr' /&gt;
au c&#339;ur de la cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;vidence pour chaque esp&#232;ce de mammif&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
sp&#233;cialement &#8213; en quelque perfection onirique&lt;br class='autobr' /&gt;
nom-&amp;-forme confondus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pourrais donc en &#234;tre d&#233;vast&#233;, assoiff&#233; de d&#233;sir&lt;br class='autobr' /&gt;
pour une aimable jument, une lionne, ou dame souris,&lt;br class='autobr' /&gt;
en voyant cette beaut&#233; venue de L&#192;&lt;br class='autobr' /&gt;
briller en elle, moustaches &#224; pile ou face&lt;br class='autobr' /&gt;
ou gracieuse vague de la queue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qui enchante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;enchante, et donc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHARME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qu'il Te faut Conna&#238;tre pour &#202;tre Po&#232;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tout ce que tu pourras sur b&#234;tes et gens.&lt;br class='autobr' /&gt;
les noms des arbres et des fleurs et des graines.&lt;br class='autobr' /&gt;
noms des &#233;toiles, avec mouvements des plan&#232;tes&lt;br class='autobr' /&gt; et de la lune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tes six sens &#224; toi, ainsi qu'un cerveau en &#233;veil et styl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;au moins une sorte de magie de la tradition :&lt;br class='autobr' /&gt;
divination, astrologie, livre des mutations, et tarot ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les r&#234;ves.&lt;br class='autobr' /&gt;
les d&#233;mons de l'illusion et les splendides dieux de l'illusion ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l&#233;cher le cul du diable et manger sa merde ;&lt;br class='autobr' /&gt;
baiser sa bite &#224; cornes barbel&#233;e,&lt;br class='autobr' /&gt;
baiser la harpie,&lt;br class='autobr' /&gt;
et tous les anges du ciel&lt;br class='autobr' /&gt; et les vierges parfum&#233;es et dor&#233;es &#8213;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp; puis aimer les humains : &#233;pouses maris et amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les jeux des enfants, les bandes dessin&#233;es, le chewing-gum,&lt;br class='autobr' /&gt;
les bizarreries de la t&#233;l&#233;vision et de la publicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le travail, longues heures s&#232;ches de travail ennuyeux qu'on avale, qu'on accepte&lt;br class='autobr' /&gt;
et qu'on vit et finalement qu'on aime. lassitude,&lt;br class='autobr' /&gt;
ardente faim, pause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le royaume sauvage de la danse, ec-stase&lt;br class='autobr' /&gt;
soudaine silencieuse illumination, en-stase&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;danger r&#233;el. gageures et la lisi&#232;re de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour Rien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Terre une fleur&lt;br class='autobr' /&gt;
Un phlox sur les pentes&lt;br class='autobr' /&gt;
abruptes de lumi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
en suspension sur les vastes&lt;br class='autobr' /&gt;
espaces solides&lt;br class='autobr' /&gt;
de petits cristaux cari&#233;s ;&lt;br class='autobr' /&gt;
des sels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Terre une fleur&lt;br class='autobr' /&gt;
au bord d'un golfe o&#249; un corbeau&lt;br class='autobr' /&gt;
vient prendre son envol&lt;br class='autobr' /&gt;
lueur, couleur&lt;br class='autobr' /&gt;
oubli&#233;e car tout chute&lt;br class='autobr' /&gt;
&amp; dispara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fleur&lt;br class='autobr' /&gt;
pour rien ;&lt;br class='autobr' /&gt;
une offrande ;&lt;br class='autobr' /&gt;
nul cueilleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neige-goutte, feldspath, crasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bihoreaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bihoreaux nichent dans le cypr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#232;s du parc des chaudi&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
de San Francisco&lt;br class='autobr' /&gt;
avec leur haute chemin&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
en lisi&#232;re des eaux :&lt;br class='autobr' /&gt;
pompe &#224; turbine &#224; vapeur&lt;br class='autobr' /&gt;
pour conduire l'eau sal&#233;e dans les veines&lt;br class='autobr' /&gt;
des canalisations de la ville&lt;br class='autobr' /&gt;
au cas o&#249; la terre tremblerait. et s'il y avait panne de courant.&lt;br class='autobr' /&gt;
et si l'eau pour combattre le feu allait&lt;br class='autobr' /&gt;
se perdre dans les rues&lt;br class='autobr' /&gt;
sans pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la porte grillag&#233;e l&#233;g&#232;rement inclin&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
vers le dehors, le chien moiti&#233;-loup&lt;br class='autobr' /&gt;
entrerait, pour le suivre&lt;br class='autobr' /&gt;
si son copain humain se couchait sur le c&#244;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
et se tortillait le premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arm&#233;e &#224; l'abandon, en d&#233;composition.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#238;le-prison rouill&#233;e pourrie&lt;br class='autobr' /&gt;
entour&#233;e des lumi&#232;res des tourbillons&lt;br class='autobr' /&gt;
d'oiseaux-dieux affol&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
que la v&#233;rit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
n'a jamais oubli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je marche avec la s&#339;ur de ma femme&lt;br class='autobr' /&gt;
devant l'app&#226;t congel&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
avec un architecte &#224; longue barbe,&lt;br class='autobr' /&gt;
mon cher fr&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
et ami, en silence, et&lt;br class='autobr' /&gt;
sa moustache se courbe humide dans sa bouche&lt;br class='autobr' /&gt;
et parfois il la mord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le chien ignore les lois et lui, est strictement&lt;br class='autobr' /&gt;
hors-l&#233;galit&#233;. Son cou se cambre, ses oreilles se dressent&lt;br class='autobr' /&gt;
pour attraper des souris dans la toundra.&lt;br class='autobr' /&gt;
un jeune lyc&#233;en noir&lt;br class='autobr' /&gt;
qui boit du caf&#233; sur un m&#233;chant &#233;tal vert&lt;br class='autobr' /&gt;
tente de faire ami-ami avec le chien,&lt;br class='autobr' /&gt;
et &#231;a marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les bihoreaux&lt;br class='autobr' /&gt;
pourraient-ils s'en revenir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
l&#224;, en cet endroit bruyant sur la baie.&lt;br class='autobr' /&gt;
comme moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
la joie de tous les &#234;tres&lt;br class='autobr' /&gt;
est d'&#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
plus vieux et plus durs et parfaitement&lt;br class='autobr' /&gt;
aval&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans les tubes et les couloirs des choses&lt;br class='autobr' /&gt;
dans les &#233;gouts de la b&#233;atitude et du jugement,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la gloire des&lt;br class='autobr' /&gt;
usines&lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;puration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous frayons notre chemin&lt;br class='autobr' /&gt;
sur les abords de la ville&lt;br class='autobr' /&gt;
au matin&lt;br class='autobr' /&gt;
sous le ciel subtilement changeant qui se d&#233;ploie ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;aube &#224; jamais-neuve, aube magnifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'oeuf&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans les tuyaux et les conduits des choses&lt;br class='autobr' /&gt;
dans les &#233;gouts de la b&#233;atitude et du jugement,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans les glorieuses stations d'&#233;puration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous frayons notre chemin&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la p&#233;riph&#233;rie de notre ville&lt;br class='autobr' /&gt;
de bon matin&lt;br class='autobr' /&gt;
sous un ciel subtilement changeant diffus ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;belle aube de premi&#232;re fra&#238;cheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Auxem&#233;ry, ao&#251;t 2022&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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